Vague de froid : pourquoi des régions sont plus exposées aux coupures de courant que d’autres ? 

La semaine dernière, un épisode de grand froid s’est abattu sur la France. Si son intensité reste modérée, de nombreuses régions doivent faire face à des températures particulièrement négatives, notamment dans l’Est du pays ; même la Corse a été en alerte orange… En plus de s’étendre à toute la France, la vague de froid a pu engendrer des températures ressenties à -20°C du fait de l’intensité des vents… 

 

Au-delà des désagréments causés par le froid, il faut savoir que les fortes températures négatives et les tempêtes peuvent entraîner des coupures d’électricité. Si Ségolène Royal (Ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer) a affirmé que les Français ne connaîtraient pas de coupures d’électricité, les spécialistes estiment ce risque possible si les températures descendent trop en-dessous des moyennes saisonnières. Seulement voilà, si nous sommes tous égaux devant le froid, et à ce titre, bien résolus à rester emmitouflés dans nos couvertures, les régions ne sont pas exposées de la même façon aux coupures d’électricité.

 

Des régions plus exposées que d’autres

Comme souvent, les régions rurales sont moins bien équipées que les zones urbaines. En effet, leur réseau électrique est presque intégralement aérien contrairement aux lignes enterrées qui fleurissent en milieu urbain. Ainsi, exposées aux vents et aux basses températures, les lignes sont plus sujettes aux coupures d’électricité… Avec à peine 44 % de lignes enfouies, la France fait figure de mauvais élève face à l’Allemagne, à la Belgique ou aux Pays-Bas dont le réseau électrique comprend entre 80 % et 100 % de lignes enterrées.

Mais les campagnes ne sont pas les seules à être ainsi exposées. Il existe une seconde inégalité géographique liée au mauvais approvisionnement de certaines régions comme la Bretagne ou la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui ont déjà été placées en alerte par le réseau de transport d’électricité (RTE) lors de la vague de froid de 2009. Il faut savoir dans un premier temps que ces régions produisent peu d’électricité, elles sont à ce titre peu équipées en centrales nucléaires, voire plus du tout pour la Bretagne. Mais au-delà de leur faible production énergétique, ces régions sont très isolées par rapport au réseau électrique national et sont ainsi considérées comme des « péninsules électriques ».

> Voir comment l'électricité arrive chez vous ?

 

Quelles solutions pour faire face aux coupures de courant ?

Les régions mal desservies en électricité importent déjà la plupart de leur électricité d’autres régions ou pays voisins. Mais en cas d’épisode de grand froid comme celui auquel nous devons actuellement faire face ; l’importation pourrait ne plus suffire pour satisfaire les besoins de tous… Plusieurs solutions existent pour mieux anticiper les coupures de courant.

S’il semble impossible d’enfouir l’intégralité du réseau électrique du fait des dépenses considérables qu’il faudrait mobiliser, il est important de généraliser l’installation d’un réseau électrique souterrain. Actuellement, la France tente de prendre modèle sur ses voisins européens, 80 % des nouvelles lignes ont ainsi été enterrées. Il pourrait aussi être intéressant d’enfouir les lignes lorsqu’elles sont situées près des forêts pour empêcher que la chute des branches perturbent le réseau.

Enfin, il faudrait revoir nos habitudes de consommation à la baisse, mais nous vous accordons qu’il n’est pas facile d’assumer cette responsabilité quand il fait aussi froid qu’en ce moment !

> Voir notre article sur les mesures prises et les comportements à adopter lors de la vague de froid
 

Quasi-immunité aux coupures d'électricité pour Paris, la Ville Lumière

Si Paris est très peu sujette aux coupures d’électricité, c’est grâce à son réseau sophistiqué de distribution qu’elle le doit. Il est important que Paris soit bien approvisionnée en électricité tant pour les transports que pour l’activité de la ville ou le chauffage. Cette sécurité énergétique garantit aussi la stabilité des nouvelles technologies de plus en plus présentes dans nos sociétés. C’est pourquoi la capitale est quasi immunisée contre les coupures de courant. 

La Ville Lumière est alimentée par un système complexe qui consiste en une boucle électrique. Cette structure en réseau, caractérisée par un périphérique à très haute tension, permet de relier Paris au réseau national et donc aux centrales nucléaires qui fournissent l’essentiel de l’électricité française. La boucle absorbe l’énergie produite par les régions pour la redistribuer à l’agglomération parisienne. Elle fonctionne grâce à un réseau de câbles souterrain et de postes électriques dont la mission consiste à réduire petit à petit la tension pour distribuer l’énergie dans les logements parisiens, les entreprises et le métro. 

En cas de défaillance d’une des sources d’énergie qui alimentent la capitale, RTE peut exploiter les possibilités offertes par la boucle pour s’approvisionner auprès d’une autre source. Les câbles doublés pour alimenter les postes à 20 000 volts permettent de compenser les sources arrêtées et d’éviter les coupures de courant ! 

Quand il fait froid, les foyers consomment toujours plus d’énergie pour se chauffer et le réseau électrique doit s’assurer de pouvoir répondre à la demande accrue en chauffage. A cela s’ajoute le fait que les Français sont les plus gros consommateurs européens d’électricité. La plupart de l’électricité française est produite par les centrales nucléaires, or cette année, en 2017, douze réacteurs ont été arrêtés pour cause de maintenance. L’autorité de sûreté nucléaire a permis que neuf d’entre eux soient redémarrés, tout en autorisant que certains contrôles soient remis à plus tard, pour être sûr de pouvoir satisfaire les besoins en chauffage de chacun. On peut dire qu’on a eu chaud, même s’il fait très froid !

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