Pollution de l’air intérieur : les logements performants en énergie seraient plus touchés que les autres

Et si l’air intérieur était plus pollué dans les bâtiments performants en énergie que dans les autres ? Si on connaissait déjà les risques de la pollution intérieure, une nouvelle enquête de l’Observatoire de la Qualité de l’Air révèle que les bâtiments pensés pour être énergétiquement plus responsables, et donc moins polluants, ne le sont pas forcément.

 

 

Étudier la pollution intérieure dans les logements

L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) est un organisme missionné par les Pouvoirs Publics dont l’enjeu principal est de mieux connaître la pollution intérieure, ses origines et ses dangers. Si on visualise assez bien la pollution extérieure de l’air, on a parfois tendance à oublier que la pollution est toute aussi présente à l’intérieur. Acariens, moisissures, allergènes, substances dangereuses, etc., notre air intérieur peut aussi être envahi de polluants qui viennent nuire à notre santé. 

 

Ce que révèle une nouvelle enquête de l’OQAI, c’est que contrairement à ce qu’on pourrait attendre, les logements neufs seraient tout aussi, voire plus, pollués que les logements plus anciens. Pour se pencher sur cette question, l’Observatoire surveille depuis 2012 des bâtiments performants en énergie. L’enquête se concentre sur 75 logements répartis en 43 bâtiments. Parmi ces 75 logements, 44 ont été construits entre 2008 et 2012 et 28 ont été rénovés entre 2010 et 2013.

 

 

Des logements neufs plus pollués que les anciens ?

Ce que révèle l’enquête de l’OQAI, c’est que concernant la plupart des substances mesurées (radon, particules fines, formaldéhyde, acétaldéhyde, etc.), il n’existe pas de différence notable entre les bâtiments performants en énergie et l’ensemble des logements français. De même pour l’humidité qui y est équivalente aux taux estimés par la Campagne Nationale du Logement (CNL).

 

Si, sur ces points, il n’y a pas de différence majeure entre les bâtiments performants en énergie et les autres, l’enquête révèle que trois polluants y ont été observés à des concentrations plus élevées que la normale. Ces trois polluants sont l’alpha-pinène, le limonène et l’hexaldéhyde. L’observation de ces polluants s’expliquerait pour le premier par « la présence de mobilier en bois dans la pièce de mesure », pour le second par l’introduction de mobilier neuf et du stockage de produits d’entretien, et pour le dernier par la présence de bois matériau.

 

 

Des bâtiments trop bien isolés ? 

Si ces relevés trouvent leurs explications, l’enquête relève de manière plus inquiétante, une présence de moisissure plus développée qu’à la moyenne. L’Observatoire souligne « le développement fongique actif dans 47 % des logements étudiés contre 37 % pour la CNL ». Pour l’OQAI, ces taux élevés pourraient venir de " l'impact possible du type d'isolation thermique, de l'occupation du logement et de la survenue de problèmes d'humidité, d'infiltrations et de dégâts des eaux “. Le danger qui est pointé du doigt ici, c’est qu’avec des bâtiments performants thermiquement, les logements sont trop confinés et ne laissent plus assez passer l’air. 

 

Pour le moment, près de 80 % des occupants se déclarent satisfaits du confort de leur logement mais l’OQAI reste vigilant et va poursuivre ses études sur un échantillon plus large. En attendant, l’Observatoire appelle déjà à une vigilance toute particulière des systèmes de ventilations dans ces bâtiments neufs. « Les informations collectées mettent en évidence une nécessaire vigilance quant au fonctionnement des systèmes de ventilation. La réduction des infiltrations d'air parasite, dans ces bâtiments, conduit en effet à un renouvellement d'air très limité en cas d'arrêt du système ». 

 

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