Les professionnels du bâtiment s’inquiètent : les Français font de moins en moins de travaux dans leur logement

Les Français ont-ils un problème avec les travaux ? Si le secteur de l’immobilier ancien est en hausse depuis quelques années, les travaux de rénovation qui l’accompagnent ne sont plus au rendez-vous. Malgré les nombreuses aides de rénovation énergétique, les propriétaires rechignent de plus en plus à réaliser des travaux. Une situation qui commence à préoccuper les professionnels du secteur.

 

 

Les Français ne font plus de travaux 

Si le secteur du bâtiment est porté depuis quelques années par le boom du logement neuf, du côté des logements anciens, le son de cloche est légèrement différent. L’activité dans l’immobilier ancien est en forte hausse depuis trois ans, mais cela ne suffit pas à inciter les particuliers à réaliser des travaux en rénovation énergétique ou des travaux généraux « d’amélioration-entretien ». Un désintérêt pour les travaux qui étonne du fait qu’il intervienne dans une période de hausse de l’activité.

 

Une augmentation des transactions sur les logements anciens entraîne normalement un accroissement des travaux de rénovation « mais depuis 2015, cela n’a pas été le cas » souligne la Fédération Française du Bâtiment (FFB) aux Échos. « Le segment de l'amélioration-entretien reste à la peine et la rénovation énergétique ne progresse que faiblement ». Quant aux relocations précédées de travaux, elles atteignent leur plus bas niveau historique depuis la fin des années 1990.

 

 

Le budget, principal frein pour les propriétaires

Selon une étude réalisée par Yougov à l’occasion du Salon de la Rénovation qui s’est tenu en janvier dernier, la majorité des propriétaires interrogés envisageait de « réaliser des travaux de rénovation pour rendre [leur logement] plus confortable et plus adapté à leurs besoins ». Alors comment expliquer que, dans les faits, le nombre de travaux réalisés s’est écroulé ? Selon cette même étude, 78 % des propriétaires affirment manquer de budget pour entamer leurs travaux. La question financière serait donc le principal frein des Français face aux travaux. 

 

Et s’il existe de nombreuses aides financières (TVA à taux réduit, crédit d’impôt, etc.), celles-ci ne suffisent pas à relancer l’activité du secteur. Pour Jacques Chanut, président de la FFB, « Les capacités de financement des ménages ne sont pas extensibles à l'infini. Le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) a été consommé l'an dernier à hauteur de 1,5 milliard d'euros. Ce n'est pas un mauvais chiffre, mais cela signifie que sans lui, l'activité aurait régressé. »

 

 

La question de la rénovation énergétique

Pour 60 % des propriétaires, la nécessité de rendre leur logement plus économe en énergie est la principale motivation à réaliser des travaux de rénovation. La question de la rénovation énergétique est centrale pour le secteur du bâtiment. En effet, en France, ce secteur constitue près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi 40 % de la consommation d’énergie totale. Face à cette situation ces dernières années, les incitations financières à l’image du CITE ont principalement été consacrées au changement de fenêtres ou d’équipements de chauffage.

 

Et si le bilan énergétique global des logements français n’est pas mauvais, celui-ci tient principalement à la performance énergétique des logements neufs et aux changements d’équipement de chauffage. Tout en se félicitant de ce bon point, Jacques Chanut souligne que ces mesures restent insuffisantes. Pour la FFB, « il y a bien nécessité de recalibrer et d'amplifier les dispositifs d'incitation existants ». Une solution qui pourrait peut-être permettre d’inciter un peu plus les Français à se tourner vers les travaux qu’ils semblent tant rechigner actuellement.

 

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25/07/2017

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